Ancien Port de commerce de Montpellier en 1908

Le nom du Pont Juvénal est un vieux mot que l'on trouve dans les textes : pontem Gay (vadum) Juvenalis (") et al pon de Gay Jovenau ou Govenal ('). Il s'agit sans doute du nom que portait le propriétaire de la rive sur laquelle il y avait le gué (vadum), avant la construction du pont (1267). Le port Juvénal était le seul port du fleuve côtier du Lez navigable en grande partie et qui permettait à la Ville de Montpellier de commercer avec les autres villes de Méditerranée.
Ce port favorisait les débouchés commerciaux par la mer, via Aigues-Mortes (qui n'était pas ensablé), vers la Ville de Gênes, ou Majorque ou encore Marseille. C'est grâce à ce port que Montpellier connut une belle période entre le 13éme et 14 éme siècle. Les denrées importées venaient également principalement du Lez en plus des foires de Champagne et de Brie. Le fait que la cour pontificale s'installe à Avignon a également aidé Montpellier. La prospérité du port et de la Ville chuta à partir de 1360 du fait de la peste, des routiers et des catastrophes naturelles (fortes crues) qui surviennent jusqu'en 1380.
L'activité commerciale de la ville reprend vraiment son essor grâce à Jacques Coeur entre 1440 et 1451 année de son arrestation.
C'est grâce à Guilhem VI qui obtient du comte de Melgueil le droit de s'emparer des épaves échoués sur le rivage. Guilhem VI ayant bien compris l'intérêt commercial pour sa cité naissante, se heurte à l'hostilité de Gênes alors grande ville commerçante. Gênes a d'ailleurs tout fait pour entraver le commerce de Montpellier, c'est dire si les affaires marchaient. Cependant Guilhem VI demanda de l'aide aux pisans et aux génois pour venir à bout de ses sujets révoltés. En contrepartie de leur aide les génois et les pisans obtiennent de Guilhem VI, le droit de commercer librement, l'exemption de taxes et la protection de leurs marchands. A partir de 1150 la protection de Montpellier par la Ville de Gênes devient difficile à supporter car les bateaux montpelliérains ne doivent pas dépasser Gênes dans leur route vers le Levant.
Ces conditions seront renouvelées en 1155 mais elles sont alors assorties de la promesse ambiguë de protéger les marchands Montpelliérains dans leur trafic en Espagne.
Ce régime fortement inégalitaire permet du moins les échanges entre Gênes et Montpellier. En 1156, le nom d'un marchand montpelliérain apparaît pour la première fois dans un acte établi par un notaire génois, et de Gênes arrivent à Montpellier la soie, le poivre, le sucre, les laques et les produits tinctoriaux.
La rivalité commerciale entre la ville de Gênes et de Pise aide bien Montpellier car en 1178 Montpellier conclut avec Pise un traité d'alliance qui promet l'amitié et l'aide de cette république. L'étreinte génoise se desserre et, en 1201, Montpellier et Gênes concluent pour vingt ans un traité de protection réciproque sur terre et sur mer qui garantissait notamment la sécurité du commerce en haute mer. A la fin du 12éme siècle, cette lente libération permet aux marchands de Montpellier de commercer avec l'Espagne mais aussi avec Naples, la Sicile et le Levant.
Au port Juvénal on trouvera le premier moulin drapier, celui des artisans de Perpignan, dit des Sept Camps, près du pont Juvénal; On y trouve aussi la manufacture de cordes harmoniques et boyauderie du Port-Juvénal (une des plus importantes de France, fondée en 1848).
De nos jours et à peu près au même emplacement on trouve l'hôtel de région.
©KEMPENAR